Sans que je m’y attende, ça a recommencé. Un de mes commentaires sous ce post Linkedin à propos de la fin de vie fructueuse de l’artiste Henri Matisse, a atteint à lui tout seul 60260 impressions.
La première chose à retenir de cet évènement désormais récurrent est le bénéfice du commentaire sur Linkedin. Si vous tergiversez sans trop savoir quoi publier ni avec quel style : commentez. C’est un exercice éditorial puissant, à faible risque et générateur d’opportunités (incl. une montée en flèche des vues de profil qualifiées).
La deuxième chose à retenir est l’engouement provoqué par le sujet même de ce commentaire écrit d’une traite et avec les tripes : “l’esprit”.
Si vous me demandiez de définir ce mot sans regarder dans un dico, je vous dirais que c’est une étincelle, un trait d’humour, une finesse. Une émanation profondément humaine.
Il y a quelque chose de chaud dans l’esprit. Quelque chose de vivant. Quelque chose de contextuel.
Voilà, “contextuel”. On y est.
Les Intelligences Artificielles savent générer un texte à partir d’une masse presque infinie de patterns de données. Mais elles ne savent pas créer du con-texte. Les spécialistes de l’IA nous le répètent d’ailleurs à l’infini : “dans vos prompts, donnez du contexte !”
Voyageons 2 min au 17e siècle. Blaise Pascal distinguait deux facettes de l’esprit humain :
L’esprit de géométrie : “il est celui qui nous permet de formuler des raisonnements logiques imparables compréhensibles par tous.”1
L’esprit de finesse : “relève davantage de l’intuition (…) ils sont (…) parfois difficilement perceptibles, car « on les voit à peine, on les sent plutôt qu’on ne les voit ; on a des peines infinies à les faire sentir à ceux qui ne les sentent pas d’eux-mêmes ».”2
L’addition des deux constituerait “une forme d’intelligence idéale”3
Mais voilà. Une fois rassasiés de cet héritage culturel, nous devons avancer. Vous avez forcément déjà lu ou même écrit une phrase de ce type : “les IA génératives sont un outil, il suffit de bien les utiliser”.
Peu ont le courage de dire ce que “bien les utiliser” implique. Concrètement. Je vais donc essayer de le faire, maintenant.
Je suis persuadée que mal utiliser les IA génératives revient à se contenter d’un esprit de géométrie : brasser des données, créer du volume de texte, amasser de la connaissance. Même sans intervention humaine, les IA ont l’art de produire des raisonnements logiques qui semblent imparables (même quand ils sont faux).
Mais l’oubli complet de l’esprit de finesse est un crime contre la pensée (et l’humanité).
C’est se contenter de connaissances hors contexte. C’est retirer la chair même de l’esprit. C’est abattre ce qui le rend vivant et vibrant. Ce qui permet ses fulgurances et ses sursauts. Ce qui, à la lecture, crée tant de ponts, de liens et de rencontres entre un auteur et son lecteur.
C’est pourtant tout cela que vous recherchez quand vous écrivez : un post, une newsletter, un manifeste, un article, un mail, non ?
La 2e édition du parcours d’écriture sur Linkedin : “BILS Arena” que j’ai créé l’année dernière vient de commencer et je suis sidérée par le leitmotiv des participants.
“Retrouver le plaisir d’écrire”.
“Sortir du piège de la dépendance à l’IA”.
“Arrêter d’écrire pour des algos”.
Tout cela converge vers une même observation : mal utiliser les IA génératives, c’est tuer son esprit de finesse.
C’est oublier la magie et même l’avantage d’être humain.
Ce n’est pas terrible par principe ou par idéal philosophique.
C’est terrible parce que cela aspire concrètement la joie de vivre, de pensée et d’exister. Pas forcément dès le premier usage, mais à la longue.
Dans ce contexte “hyper artificiel”, pendant les fêtes de Noël et de fin d’année je me suis demandé comment faire évoluer Bend it Like Socrate avec, malgré ou en parallèle de l’IA.
J’ai tout envisagé jusqu’au pire scénario et après quelques jours d’inconfort maximal, j’ai tranché et écrit ce post.
Protéger l’écriture humaine ce n’est pas devenir gardienne de musée, c’est protéger la sève de la joie et du lien.
Cette jouissance d’écrire, donc de penser par soi-même repose précisément sur 3 piliers essentiels :
Le “sentiment d’être soi” → que beaucoup appellent “singularité”, “authenticité” et parfois “identité” (même si l’identité est un concept dangereux qui nous divise plus souvent qu’il nous rassemble.)
La sensation d’être “vivant” → c’est cet esprit, cette capacité à jouer, à faire rire, à être cynique ou malicieux, à rebondir sur l’implicite, à être reconnu pour son style parmi la masse, à nourrir sa flamme à travers ses mots et ses idées.
L’ancrage “dans une époque” → c’est le zeitgeist, l’esprit du temps, l’intelligence contextuelle qui relie vos connaissances '(le “logos” en rhétorique), à votre posture sociale (“l’ethos”) et à vos émotions (le “pathos”). C’est la chair de la pensée.
Malgré un paradoxe apparent, je suis persuadée que ces 3 piliers sont compatibles avec l’écriture en ligne (Linkedin, Substack, etc.) en dépit des LLM et des algorithmes.
Dans une tribune sur Maddyness, Mathieu Pimort (agence Linker) abonde dans ce sens et nous dit ceci :
“Au fond, LinkedIn n’est pas une scène pour briller, mais un miroir pour clarifier.”4
Ecrire en ligne régulièrement sans déléguer sa plume et sa pensée à une IA est une manière monstrueusement efficace de cultiver son intelligence contextuelle pour sans cesse faire le lien entre sa vision, ses convictions, ses compétences et les besoins réels d’un marché.
Et pour ceux qui ont peur de se “mettre à nu” ou de se faire happer par les “dopamine rushes” que provoquent les notifications quand elles pleuvent, Mathieu ajoute ceci :
“Mais être visible ne signifie pas être omniprésent. Cela signifie être présent, prévisible et pertinent. Publier chaque semaine crée un rendez-vous mental : une association à un sujet, une énergie, une manière de penser. Cette régularité génère des opportunités business souvent indirectes : un prospect qui mûrit, un partenaire qui observe depuis plusieurs mois, un talent qui commence à se projeter.”5
Très concrètement, on fait comment ?
N’en déplaise aux anti-marketing ou aux défenseurs d’une vision très académique de la langue, je m’appuie sur un concept génial au nom anglosaxon : le “brain candy”.
C’est l’art d’écrire des contenus qui font autorité ET envie.
Pour faire autorité, il n’y a pas 36 solutions. Il faut bosser, lire, écrire ses pensées, les affûter, travailler sa vision, ses angles, la clarté avec laquelle on argumente et on échafaude un point de vue. Travailler son esprit de géométrie en quelque sorte. Et structurer au moins un début de ligne éditoriale.
Mais cela (aka le “brain”) ne suffit pas.
Il faut que cette matière intellectuelle perce le mur de l’attention.
Il faut l’enrober dans un format désirable (aka le “candy”), trouver des accroches qui donnent envie de s’arrêter puis de plonger dans un texte alors que des dizaines d’autres nous appellent, manier le contexte et l’esprit de finesse.
On y revient toujours.
Parmi les figures de Linkedin qui manient cet art avec brio : c’est à dire sans s’engoncer dans des tirades intellectuelles NI sombrer dans le divertissement qui abrutit, il y a Nicolas Brault, Capitaine de la Légion Etrangère en reconversion vers le civil.
(Quand je repense au séisme que j’avais provoqué dans l’armée de l’air il y a 15 ans parce que j’avais seulement osé créer un profil Viadeo ! Les temps changent aussi en bien.)
Dans ma toute nouvelle formation audio de 78min dédiée au “Brain Candy”, je décrypte les leviers que Nicolas Brault utilise pour écrire des posts qui ont du fond et de la forme (il se lance aussi sur Youtube).
Il réussit à convertir sa rigueur militaire et son écosystème très cadré en sujet qui passionne Linkedin. Ce n’était pas gagné mais il l’a fait.
En 78 minutes, j’aborde aussi :
• LinkedIn en 2026 : pourquoi l’algorithme privilégie la cohérence éditoriale et la pertinence plus que la simple viralité
• La double architecture de la confiance : comment construire simultanément votre Competence Trust (confiance intellectuelle) et votre Character Trust (confiance personnelle).
• La boîte à outils du Brain Candy : maîtriser la métaphore, le newsjacking, l’usage stratégique de la pop culture et l’aération visuelle pour supprimer toute friction de lecture.
• La « Technique du X » : une méthode d’écriture simple pour attirer une audience large via une accroche universelle avant de l’emmener vers votre compétence plus nichée.
Je sais que beaucoup d’entre vous attendaient cette formation. J’ai produit cet audio comme contenu central de la 2e édition en cours de mon bootcamp “BILS Arena”, mais vous pouvez en profiter dès maintenant même sans participer au bootcamp.
N’oubliez pas que le temps que vous passez à écrire SANS IA, n'est PAS du temps perdu, c'est votre entraînement à la clarté. Et votre “unfair advantage” qui prend du muscle, texte après texte.
D’ici la prochaine édition, je vous souhaite de renouer avec votre esprit de finesse pour placer 2026 sous le signe de la souveraineté intellectuelle, de la liberté et de la joie.
A bientôt,
Marie
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PS : j’en profite pour vous dire que l’édition 3 aura lieu du 5 au 26 mars et sera une véritable “road to spring” éditoriale avec au moins 2 nouveaux contenus audios totalement inédits (tarifs early bird et bonus jusqu’au 29 janvier, minuit).
PPS : je réserve de nouveau des créneaux pour du copywriting - contactez-moi par email ou en DM Linkedin :)
https://www.philomag.com/articles/esprit-de-geometrie-ou-de-finesse
https://www.philomag.com/articles/esprit-de-geometrie-ou-de-finesse
https://www.philomag.com/articles/esprit-de-geometrie-ou-de-finesse
https://www.maddyness.com/2026/01/06/pourquoi-linkedin-est-devenu-un-outil-de-pilotage-strategique-pour-les-ceo-de-startup/
https://www.maddyness.com/2026/01/06/pourquoi-linkedin-est-devenu-un-outil-de-pilotage-strategique-pour-les-ceo-de-startup/





J’ai appris trois mots ( tergiverser, affûter, et enchafauder(sp?). Continue à écrire:)